Tourisme : Fram atteint la soixantaine |
A l’occasion des soixante ans de Fram, le staff de direction recevait la presse début avril en compagnie du directeur de l’aéroport de Bordeaux. L’occasion de faire le point sur une collaboration fructueuse et sur la situation de l’économie des loisirs et du transport aérien dans un contexte tendu… |
«L’Aquitaine, c’est plus de 10% de notre activité. Fram compte 500 000 clients dont 55 000 au départ de la région de Bordeaux ». Antoine Cachin, le président du directoire de Fram n’a pas choisi au hasard de célébrer l’anniversaire des soixante ans d’existence du voyagiste en terre bordelaise : « Nous réduisons notre présence de 8% sur les aéroports français, mais nous avons décidé de nous maintenir à Bordeaux. Nous pensons qu’il y a encore des parts de marché à prendre ici ! ». Outre les 14 destinations déjà desservies (Agadir, Athènes, Marrakech, Ibiza…), deux nouvelles possibilités sont proposées : Malaga (Andalousie) pour toute la saison d’avril à octobre et un vol charter Bordeaux Tozeur (sud tunisien) qui n’est pas desservie depuis des villes de province. |
Tunisie et Maroc en tête
De quoi rassurer Pascal Personne, le directeur de l’aéroport de Bordeaux qui voit s’obscurcir l’horizon: «En 2008, l’ensemble des vols charters sur l’aéroport de Bordeaux représentaient 250 000 passagers sur un total général de 3 500 000. Ce segment est en croissance. En 2004, on enregistrait 200 000 passagers. C’est une croissance sur 4 ans de 20% ! ». Une bouffée d’oxygène pour le transport aérien à l’heure où Air France KLM annonce 3000 suppressions de postes à l’échéance 2011…
« Tous les trafics sont en baisse. Depuis février, nous ressentons un net infléchissement. En gros, sur le premier trimestre, la baisse est de l’ordre de 9%. Et ce sont bien tous les segments de notre activité qui sont impactés, affaires, loisirs et autres… », précise Pascal Personne qui insiste sur le « duo de tête des destinations loisirs » : « La Tunisie connaît une très forte poussée avec le charter. En ce qui concerne le Maroc, on est à la fois sur du vol régulier, du low cost et sur des vols charters. Nous avons aussi des destinations qui ont émergé ces dernières années comme le Canada avec l’arrivée d’Air Transat (20 000 passagers en 2008)». |
Le nouveau visage de la clientèle
Du côté des professionnels du tourisme, la zone de perturbations est également perceptible, comme l’indique le président du directoire de Fram : «L’été qui s’annonce sera un peu particulier... On anticipe plutôt une baisse du marché qu’une extension. Alors, nous réduisons nos capacités aériennes… sauf à Bordeaux ! ». Crise oblige, mais pas seulement, les habitudes de la clientèle ont considérablement évolué : « On ressent deux choses : un développement des ventes de dernière minute, ce qui n’est pas nouveau, mais qui s’amplifie et un phénomène lié à une plus grande improvisation dans la préparation des séjours : là où les gens pensaient et réservaient leurs vacances, six mois à l’avance, on est passé à un délai deux fois plus court». Pour Antoine Cachin, c’est «un élément nouveau caractéristique du comportement des clients depuis qu’on vit dans une ambiance différente». Résultat : l’exigence d’une plus grande réactivité de la part des entreprises du secteur : «il vous faut ajuster vos capacités, c’est-à-dire les avions que vous mettez en ligne avec ce que vous anticipez de l’évolution du marché. Ça vous conduit à prendre plus de risques parce que vous ne savez pas exactement quel sera le comportement final de vos clients». Face à ce changement des comportements, Fram a décidé de chercher de nouveaux terrains d’expérimentation plus « écologiques ».
Projets pour une nouvelle société… du loisir
Première étape, les Landes, à Soustons plus précisément présenté par le président du directoire comme un enjeu important : « On va investir 10 millions d’euros dans une nouvelle génération de villages de vacances réalisés en habitat léger de loisirs dans des sites complètement intégrés. Nous croyons au développement de ce genre d’activité. Si c’est un succès, ce ne sera qu’un début. A Soustons (ouverture en 2010), nous pourrons accueillir 1000 personnes ». Du côté de l’aéroport, on veut croire que le low cost est une des solutions à la crise : « Nous continuons à considérer que ce segment fonctionne bien et les chiffres le confirment : sur une ligne comme Bordeaux-Lyon dont le trafic tournait autour de 250 000 passagers, l’arrivée d’un deuxième opérateur, il y a un an, a permis de passer à 400 000 passagers. Nous envisageons la réalisation d’un terminal simplifié fin 2009 début 2010 », déclare Pascal Personne qui souhaiterait voir la mise en œuvre de liaisons plus directes vers l’Allemagne et certaines villes italiennes, mais l’heure est au trou d’air du côté des grandes compagnies…. |
echos-judiciaires.com : Eric MOREAU
2009-04-22 |
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